Au sujet de la sédation

Lundi, 20 janvier, 2020

20 janvier 2019                                Au sujet de la sédation à domicile…

 

Depuis quelques jours, nous assistons à de nombreux échanges, écrits et débats autour de la question de l’utilisation, au domicile, du MIDAZOLAM. Ce médicament à usage hospitalier permet la sédation en fin de vie. Un usage en dehors du cadre réglementaire serait à l’origine de la mise en examen d’un médecin, en Seine Maritime.

Face à cet évènement à forte résonnance médiatique, les médecins traitants font état de leurs difficultés :

Comment accompagner leurs patients au domicile, tout en prenant en compte la souffrance de ces derniers ? Pourquoi ne pourrait-on soulager ces souffrances qu’à l’hôpital ?

Les infirmières libérales se posent les mêmes questions.

Comment ne pas être seuls, face à ces situations complexes, pour répartir le poids de la décision, et avancer collectivement dans la démarche décisionnelle éthique ?

Comment assister à l’épuisement des aidants, sans autre soutien ?

Comment proposer, seul, un aménagement des posologies, notamment des opiacés, anxiolytiques et sédatifs ?

La réelle question qui se pose, in fine, est celle de la volonté politique du maintien au domicile des personnes en fin de vie.

Nous mourrons de plus en plus à l’hôpital, en institution, voir dans le couloir du service des urgences le plus proche… est-ce là un progrès, pour une société qui se veut humaniste ?

C’est pour venir en aide aux professionnels de proximité, soutenir le maintien au domicile et limiter les recours aux hospitalisations, que les réseaux sont apparus dans les années 2000.

Dans l’Aveyron, le réseau Palliance 12 existe encore, et accompagne les situations de fin de vie notamment. Les équipes de proximité (médecins traitants et infirmières libérales en avant-poste), trouvent ainsi l’aide qui fait parfois tant défaut.

Le réseau, c’est la possibilité de se réunir entre les professionnels de terrain et l’équipe de coordination (médecins, infirmières, assistantes sociales, psychologues…), qui apporte alors son expertise, pour décider de façon collégiale de l’intérêt de tel ou tel projet thérapeutique, des faisabilités et modalités de ce maintien sur le lieu de vie. La procédure collégiale est inscrite dans la loi depuis 2005, réinscrite en 2016, et peut être mise en œuvre en dehors des murs de l’hôpital : l’équipe se réunit alors soit au domicile du patient, soit dans les cabinets médicaux ou paramédicaux. Depuis le développement des maisons de santé, les locaux communs aux professionnels libéraux permettent de faciliter la logistique. L’équipe de coordination du réseau intervient donc en tant que consultant, et valide ainsi le cadre légal définissant la procédure collégiale comme temps de décision sur les situations de fin de vie. L’accès au MIDAZOLAM est possible pour les professionnels libéraux depuis 2004 (décision ministérielle publiée au JO du 23 décembre 2004), et la concertation d’équipe qui doit accompagner son usage est devenue possible par l’intermédiaire des réseaux. Leur connaissance accrue du terrain et des organisations du domicile les placent comme partenaires privilégiés des équipes libérales.

Une fois interpellé, le réseau va pouvoir proposer un accompagnement global, à la fois sur les aspects médicaux en terme de soulagement des symptômes d’inconforts, y compris à la toute fin de la vie, mais aussi sur les dimensions psychologiques, sociales, la mobilisation des soins de support… Il permet la mise en œuvre de la démarche palliative, tout en laissant la personne dans son environnement intime et sécurisant.

Amélie LAYRAL, infirmière coordinatrice, Réseau de Santé Palliance 12